Anaxago Actualités Comment créer 25 licornes françaises en 2025 ? - Soirée débat du 6 décembre 2018

Comment créer 25 licornes françaises en 2025 ? - Soirée débat du 6 décembre 2018

À ce jour la France ne compte que 3 licornes parmi ses startups nationales. Serait elle capable d'atteindre les 25 en 2025 ? Découvrez ci-dessous le compte rendu et la vidéo complète de la soirée.



Invités par Anaxago à l'occasion de la sortie du livre “La Fabrique des Startups”, Jean-David Chamboredon (président du fonds d’investissement ISAI et initiateur du mouvement des Pigeons) et Jean Rognetta (président de PME Finance) ont participé à une soirée débat en compagnie des deux auteurs du livre Jean-François Caillard (COO d'Anaxago) et Thomas Paris (chercheur et professeur à HEC). Comment créer 25 licornes françaises avant 2025 ? Entre analyses et observations, découvrez les retours de ces experts de l'entrepreneuriat. 


Un écosystème européen en retard...


La soirée a commencé avec quelques chiffres significatifs : la France compte aujourd'hui uniquement 3 licornes* : les sociétés Vente-Privée, Criteo et Blablacar. Un chiffre extrêmement faible une fois rapporté aux 15 licornes britanniques, aux 120 de l'Amérique du Nord et la centaine qu'on recense en Asie (dont la plupart en Chine). " L'écosystème européen a beaucoup de retard par rapport à l'écosystème américain ou à l'écosystème chinois. On [ la France ] accuse également un retard vis à vis de la Grande-Bretagne, le pays le plus comparable en matière de population et de GDP ", ainsi " faire 25 licornes en 2025" semble artificiel : on ne fait pas un bébé en un mois avec 9 femmes "  signale Jean-David Chamboredon. Par ailleurs, " la valorisation des trois licornes françaises est aujourd'hui inférieure à celle d'Airbnb toute seule " souligne Jean Rognetta.  


Un grand frein à la multiplication des licornes en France est, selon Jean-David Chamboredon, " l'absence de capital long, d'épargne longue mobilisable pour financer l'industrie de la technologie du fait d'" une culture du risque de l'épargnant français qui est extrêmement basse ".


Jean-David Chamboredon 


... mais qui se rattrape 


Jean-David Chamboredon insiste sur le caractère temporel du retard français. En effet, il l'explique par son jeune âge : puisque l'écosystème est plus jeune (avec une grande majorité des start-up en early stage), il implique moins d'argent (environ 2,5 fois moins d'argent est investi par deal en France par rapport à la Grande-Bretagne). 


Le retard est donc visible en termes de valeur. Cependant, en volume, la France double la Grande-Bretagne en termes de nombre deals venture et "depuis 5 ans l'écosystème tech a quadruplé en France". Le président d'ISAI explique cet essor par l'arrivée de trois phénomènes : l'impact de la BPI, la hausse de l'investissement étranger et l'essor des Corporate Venture, qui ont permis d'augmenter la masse de capital dans l'Hexagone. 


Le rôle structurant des grands groupes dans l'écosystème entrepreneurial 


Jean Rognetta, Thomas Paris, Jean-François Caillard et Jean-David Chamboredon


Jean-François Caillard souligne l'importance des grands groupes dans l'écosystème entrepreneurial : "on a besoin de développer cette capacité qui ont les grands groupes à créer de la valeur en rachetant des start-ups puisque c'est eux qui vont faire des licornes. Pour qu'il y aient des licornes il faut qu'il y ait un acheteur", insiste-t-il. Néanmoins, alors que les Corporate Venture sont essentiels pour le développement de l'écosystème entrepreneurial, ils sont encore peu nombreux. Jean-David Chamboredon met également en évidence la pénurie d'acheteurs tech parmi les Corporate Ventures en France.




Des licornes ou des centaures ?


Que doit-on privilégier : le volume ou la qualité ? un grand nombre de petites start-ups ou quelques succès stories ? En effet atteindre un milliard de valorisation est une motivation mais qui ne devrait pas éclipser l'objet premier des entreprises : pérenniser une activité rentable. Jean-David Chamboredon, quand à lui, " préférerait avoir un immense troupeau de centaures, plutôt que deux licornes de plus ".  


Plusieurs sujets ont également fait débat lors de cette soirée : l'importance des dirigeants au sein des start-ups, la capacité à former des entrepreneurs, la spécificité des licornes américaines, le sujet de la profitabilité des licornes, la fiscalité française... Pour ceux qui n'ont pas pu y assister (et pour ceux qui souhaitent la revivre), voici la vidéo de la soirée :



À propos des intervenants de la soirée :


Jean-François Caillard est diplômé de l’École Polytechnique, Télécom ParisTech et Sciences Po Paris. Il a commencé sa carrière chez Ubisoft et Boursorama, alors qu’elles étaient des start-up, pour ensuite favoriser la collaboration entre grands groupes et start-up chez SFR, Suez, Adeo (Leroy Merlin) et NUMA, accélérateur de start-up de référence. Il est investisseur ou administrateur d’une dizaine de start-up et pilote les opérations d’Anaxago, leader du financement participatif de start-up. 


Thomas Paris est professeur affilié à HEC Paris, chercheur au CNRS, chercheur associé à i3-CRG École Polytechnique. Ancien élève de l’École Polytechnique, il mène des recherches depuis vingt ans sur le management et l’économie des industries de la création ainsi que sur le management de l’innovation et la création d’entreprise. Il dirige le master Média, Art & Création (MAC) à HEC.


Jean Rognetta, président de PME Finance, a collaboré régulièrement au groupe Les Echos de 2000 à 2016. Il a commencé sa carrière de journaliste en 1997 au sein du groupe Vivendi, comme responsable des lettres @Jour, avec un rôle d’observateur privilégié du début de la révolution numérique et participé au lancement de Silicon.fr. Jean est également président du think tank PME Finance depuis sa création en 2010. Ce « laboratoire d’idées pragmatiques » consacré au financement des entreprises est notamment à l’origine du PEA-PME.


Jean-David Chamboredon est le président fondateur d'ISAI, co-président de France Digitale. Après 13 ans chez Cap Gemini, il fonde le Cap Gemini Telemedia Lab dans la Silicon Valley en 1997. Il rejoint le monde du Capital Investissement en 1999, d'abord chez Europatweb comme CTO, puis Viventures comme Partner. S'en suivent 6 années chez 3i Group Plc en tant que Partner Français de l'activité Venture et TMT.


* Licorne : start-up dont la valeur d’entreprise est supérieure à 1 milliard de dollars avant même son introduction en bourse.