La collecte en assurance-vie bascule massivement vers les unités de compte en 2026. SCPI, private equity et produits structurés redéfinissent les stratégies d’investissement et offrent un potentiel de rendement supérieur.
Vous avez sûrement entendu parler de la collecte record de l'assurance-vie en janvier 2026. Mais derrière ce chiffre de 6,2 milliards d'euros, il y a un détail qui change tout : 5,8 milliards sont allés vers les unités de compte (UC), contre seulement 400 millions vers les fonds en euros. Ce n'est pas un hasard. C'est une révolution silencieuse. Les Français ne se contentent plus du fonds euros à 2,5 %. Ils recherchent du rendement et ont compris que l'assurance-vie multi-supports constitue le véhicule idéal pour y accéder. Voici pourquoi, et surtout comment en tirer parti.
Le basculement historique vers les UC : ce que les chiffres révèlent vraiment
Les 19,2 milliards d'euros de cotisations enregistrés en janvier 2026 représentent une hausse de 9 % par rapport à janvier 2025. Mais le véritable signal réside dans la répartition. Les UC captent désormais plus de 93 % de la collecte nette. Il s'agit d'un niveau inédit dans l'histoire de l'assurance-vie française.
Plusieurs facteurs expliquent ce basculement. D'abord, les fonds euros, malgré un léger rebond, peinent à dépasser 2,5 % à 3 % nets. C'est supérieur au Livret A, mais insuffisant pour battre durablement l'inflation. Ensuite, les assureurs ont considérablement enrichi leur offre d'unités de compte : SCPI, private equity, produits structurés, ETF thématiques et même fonds de dette privée sont désormais accessibles. Enfin, la fiscalité avantageuse de l'assurance-vie abattement de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple) après 8 ans et transmission optimisée en fait un véhicule particulièrement performant.
Les UC immobilières : intégrer la pierre dans une assurance-vie
Parmi les UC les plus plébiscitées en 2026, les supports immobiliers occupent une place centrale. Il est désormais possible d'intégrer des parts de SCPI directement dans un contrat d'assurance-vie. L'intérêt est double : bénéficier du rendement de la pierre-papier (entre 4,5 % et 7 % selon les SCPI) tout en profitant de la fiscalité avantageuse de l'enveloppe. Aucun impôt sur le revenu n'est dû tant qu'aucun rachat n'est effectué, et l'imposition est allégée après 8 ans.
Toutefois, certaines précautions s'imposent. Toutes les SCPI ne sont pas accessibles en assurance-vie, et les assureurs appliquent généralement des frais de gestion supplémentaires sur ces supports (entre 0,5 % et 1 % par an). Une comparaison des contrats est donc essentielle. Les meilleurs proposent des SCPI européennes affichant plus de 6 % de rendement avec des frais maîtrisés. Dans la majorité des cas, l'avantage fiscal compense ces coûts additionnels.
Les SCI (Sociétés Civiles Immobilières) et les OPCI constituent une autre option. Néanmoins, le budget 2026 prévoit de restreindre l'accès des SCI en assurance-vie, ce qui pourrait modifier l'équilibre du marché dans les prochains mois. Une prise de position anticipée peut donc s'avérer pertinente.
Le private equity en assurance-vie : la grande nouveauté de 2026
Il s'agit sans doute de l'évolution la plus marquante de l'année. Plusieurs assureurs ont ouvert l'accès à des fonds de private equity directement dans leurs contrats. Des acteurs comme LBO France, avec son premier fonds evergreen accessible en assurance-vie, ou Bpifrance, qui multiplie les initiatives à destination des particuliers, participent à la démocratisation de cette classe d'actifs.
Le private equity en assurance-vie permet d'investir dans des entreprises non cotées PME en croissance, ETI en transformation ou startups innovantes tout en bénéficiant du cadre fiscal de l'assurance-vie. Le TRI net moyen du capital-investissement français s'établit à 12,4 % sur 10 ans selon France Invest, soit un niveau nettement supérieur aux marchés cotés et aux fonds euros.
Ce type d'investissement comporte néanmoins des risques : illiquidité, horizon long et possibilité de perte en capital. Toutefois, l'intégration dans un contrat d'assurance-vie atténue partiellement ces contraintes, notamment grâce aux fonds evergreen qui offrent une liquidité périodique.
Produits structurés en UC : un rendement sur mesure
Les produits structurés constituent une autre catégorie d'unités de compte en forte progression. Ces instruments combinent une composante obligataire et une composante optionnelle, permettant de viser des rendements de 6 % à 10 % par an avec des mécanismes de protection du capital. En 2026, les produits autocall thématiques défense, luxe, santé, énergie se développent fortement dans les contrats d'assurance-vie.
L'intérêt des produits structurés dans une assurance-vie réside dans leur efficacité fiscale. Les gains sont capitalisés au sein du contrat sans imposition immédiate, ce qui renforce l'effet de capitalisation.
Ces produits restent toutefois complexes. Il est indispensable d'en comprendre les mécanismes (barrières de protection, conditions de remboursement anticipé) avant d'investir. La qualité de l'émetteur, le niveau de protection et la nature du sous-jacent sont des critères déterminants.
La stratégie optimale : construire un contrat multi-supports équilibré
Pour structurer efficacement un contrat d'assurance-vie en 2026, une allocation en trois poches peut être envisagée.
La poche sécuritaire (20 à 30 % du contrat) repose sur le fonds euros. Elle constitue une réserve de liquidité et de stabilité, avec un rendement autour de 3 % nets.
La poche immobilière (30 à 40 %) combine SCPI européennes et SCI, avec un objectif de rendement compris entre 5 % et 7 % et une volatilité limitée. Elle forme le socle générateur de revenus.
La poche dynamique (30 à 40 %) intègre du private equity, des produits structurés thématiques et éventuellement des ETF sectoriels. Elle vise la surperformance sur le long terme avec une prise de risque maîtrisée.
Cette répartition doit naturellement être adaptée à chaque situation : âge, objectifs, horizon de placement et tolérance au risque.
En 2026, l'assurance-vie ne se limite plus à un produit d'épargne sécuritaire. Elle devient un véritable outil de gestion patrimoniale permettant d'accéder à l'ensemble des classes d'actifs dans un cadre fiscal optimisé.
Le constat est clair : le fonds euros seul ne suffit plus. Une diversification maîtrisée via les unités de compte immobilier, private equity et produits structurés permet d'améliorer significativement le potentiel de rendement tout en conservant les avantages fiscaux de l'enveloppe.
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