Entre innovation alimentaire, tensions géopolitiques et regard depuis l’espace, cette édition explore une opportunité industrielle avec Maash, décrypte des marchés instables et partage des obsessions personnelles, de la mission Artemis à l’architecture new-yorkaise.
Entre révolutions silencieuses dans nos assiettes, marchés qui oscillent au rythme des tensions géopolitiques, et une mission spatiale qui remet tout en perspective, difficile de ne pas sentir que quelque chose est en train de bouger parfois discrètement, parfois de manière beaucoup plus vertigineuse.
Au programme cette semaine : une opportunité industrielle à contre-courant, un décryptage des marchés dans un environnement incertain, et quelques obsessions personnelles, de la Lune à un appartement new-yorkais.
Opportunité de la semaine : une révolution silencieuse dans nos assiettes
Si les steaks cellulaires m’ont toujours laissées un peu (voire franchement) douteuse, je suis fascinée par les possibilités qu’offre la fermentation. On ne mange pas encore de champignons dans nos steaks. Pas encore. C'est précisément là que Maash a décidé de jouer, et le timing n'est pas anodin.
La société belge produit LoCylia®, une mycoprotéine issue de la fermentation, conçue pour s'intégrer directement dans les recettes des industriels, en complément ou en remplacement des protéines animales et végétales, sans additifs chimiques. À coût équivalent ou inférieur aux alternatives, avec un apport protéique plus élevé, un profil nutritionnel plus complet et un impact environnemental 90 % inférieur à celui des protéines animales. Le produit ne cherche pas à convaincre le consommateur final : il convainc d'abord les industriels.
Ce qui rend le dossier solide, c'est en réalité moins la promesse que les fondations.
Frédéric Van Gansberghe, co-fondateur, a déjà construit 12 usines de fermentation dans le monde et est à l’origine de deux champions de cette technologie : Galactic et Futerro. Maash a acquis une usine de fermentation industrielle en France pour 1,8 M€ ; construite en 2020 pour 70 M€, elle a été récupérée par Maash dans le cadre d'une procédure collective. Cet avantage CAPEX constitue une barrière à l'entrée structurelle. Par ailleurs, le marché adressable en Europe dépasse les 4 M de tonnes en 2025, en croissance de 12% annuellement depuis 2020.
Rarement autant de signaux positifs se sont alignés en même temps dans ce type d’industrie.
Cette semaine, Maash est disponible en réservation sur la plateforme. Pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin, nous organisons le jeudi 16 avril à 18h un webinar en présence de Frédéric Van Gansberghe et de Gaspard Gilbert, co-fondateurs de Maash. L'occasion d'entendre directement ces deux experts sur leurs ambitions et la trajectoire industrielle de Maash. Inscriptions ici.
Chaque semaine, les équipes de gestion de patrimoine d’Anaxago prennent désormais la parole pour analyser les mouvements de marché et mettre en perspective leurs impacts sur vos investissements. Un point de vue structuré, ancré dans le réel, pour comprendre ce qui compte vraiment au-delà des réactions immédiates.
Cessez-le-feu US-Iran et dynamique des marchés pétroliers mondiaux
Le cessez-le-feu annoncé le 7 avril entre les États-Unis et l'Iran a déclenché une forte volatilité sur les marchés pétroliers, avec un recul initial du Brent de plus de 15 % sous la barre des 100 $ avant un rebond au-dessus de 110 $. Malgré cette accalmie, les tensions géopolitiques persistent, notamment à travers l’IRGC iranien qui pourrait maintenir des prix élevés pour financer ses ambitions, tandis que les sanctions sur le pétrole russe et iranien arrivent à expiration, complexifiant davantage l’offre mondiale. Le FMI qualifie cette crise comme la plus grande perturbation d’offre pétrolière de l’histoire, avec un choc de 13 % sur les flux mondiaux de pétrole et 20 % sur le GNL, impactant durablement la sécurité alimentaire et les perspectives de croissance globale. Le rétablissement complet des infrastructures gazières du Golfe, notamment à Ras Laffan, est estimé à plusieurs années, ce qui souligne un risque de stagflation en zone euro malgré le cessez-le-feu.
Politique monétaire : prudence accrue et repositionnements face à l’inflation persistante
Les minutes du FOMC de mars confirment un statu quo à 3,50-3,75 % mais révèlent une ouverture croissante à de nouvelles hausses, avec un vote quasi unanime sauf un gouverneur favorable à un relèvement immédiat. Cette prudence traduit l’équilibre délicat entre des risques économiques à la baisse et une inflation jugée encore trop élevée, notamment aux États-Unis. Sur le plan mondial, la trajectoire des taux s’oriente à la hausse, avec une BoJ attendue à relever ses taux à deux reprises cette année et une BCE sous pression pour agir face aux risques de pass-through inflationniste accéléré, malgré une inflation modérée à 1,9 % en zone euro. Les banques centrales adoptent une posture attentiste mais prête à ajuster rapidement leur politique, dans un contexte où les marchés réévaluent constamment leurs anticipations en fonction des chocs géopolitiques et économiques
Données macroéconomiques : ralentissement modéré et fragilités structurelles sur le marché du travail américain
Les perspectives de croissance mondiale restent orientées à la baisse avec un PIB attendu à 3,0 % en 2026, contre 3,3 % en 2025, sous l’effet conjugué d’une inflation énergétique soutenue et des incertitudes géopolitiques. Aux États-Unis, la création d’emplois rebondit (+178 000 en mars) mais masque un changement structurel profond, notamment une volatilité accrue et une consommation en ralentissement, qui pourrait conduire à une contraction du PIB au T4 2026 selon certains scénarios pessimistes. La demande globale devrait jouer un rôle moins inflationniste qu’en 2022, mais le dilemme inflation-ralentissement reste prégnant pour la Fed. En zone euro, l’inflation devrait reculer en 2027, mais la croissance reste faible, exposant la région à des risques stagflationnistes dans un contexte de choc énergétique persistant.

Artemis - Changer de point de vue
Cette photo des astronautes de la mission Artemis m’obsède depuis que je l’ai vu pour la première fois il y a 10 jours. Dans m’intéresser franchement à la conquête de l’espace, j’ai pensé à eux tous les jours du moment où ils ont quitté la terre à leur retour hier. En lisant la newsletter de Lili Barbery Coulon (une ancienne journaliste) cette semaine, j’ai compris pourquoi. Et Siècle Bleu est désormais ma prochaine lecture.
Ce qui se joue avec Artemis II dépasse largement la performance technique. Oui, c’est la première fois depuis 1972 que des humains retournent aussi loin, au-delà de l’orbite terrestre, pour contourner la Lune. Mais ce n’est pas vraiment ça qui marque.
C’est autre chose, de plus difficile à formuler. Une forme de bascule du regard.
Quand on observe la Terre depuis cette distance, elle ne ressemble plus à un territoire, ni même à un ensemble de pays. Elle devient un objet fragile, isolé, presque irréel. Ce fameux “lever de Terre” dont parlent les astronautes n’est pas une image spectaculaire, c’est une expérience qui reconfigure tout. Après ça, difficile de continuer à penser en termes de frontières, de conflits locaux ou de priorités immédiates.
Ce qui trouble aussi, c’est leur manière d’en parler. Pas de triomphalisme, pas de discours conquérant. Très vite, leurs mots glissent vers quelque chose de beaucoup plus simple : l’émerveillement, le lien, parfois même une forme de vulnérabilité. À un moment, alors que la communication avec la Terre allait être coupée, ils se sont arrêtés pour nommer un cratère, en hommage à un être aimé disparu. Et ils ont pleuré.
On envoie des humains à 400 000 kilomètres, et ils parlent d’amour.
C’est peut-être ça, au fond, qui rend cette mission fascinante. Dans un monde saturé de bruit, d’opinions, de tensions absurdes, quatre personnes s’éloignent physiquement de tout, et ce qu’elles nous renvoient n’est ni de la performance, ni de la domination, mais quelque chose de beaucoup plus essentiel.
Une forme de rappel.
Que malgré tout, il reste encore une capacité intacte à s’émerveiller. Et, plus rare encore, à se sentir profondément reliés.

New York, Milan, Limoges
La rénovation de cet appartement new-yorkais est sans doute une des plus belles réalisations que j’ai vues depuis longtemps, elle m’obsède depuis plusieurs semaines. Et me rappelle une esthétique que du coeur j’appelle Milan 70’s mais qui a sans doute un vrai nom pour les professionnels du sujet. Quand j’ai découvert cette semaine dans mon New York Times (je vous ai mis le lien article offert en cadeau donc normalement possible de le lire sans abonnement) que le précédent propriétaire était un architecte français né à Limoges je me suis dit que les liens se resserraient, en toute simplicité.
Thierry Despont, formé aux Beaux-Arts puis à Harvard, fait partie de ces Français partis à New York et devenus des références absolues sans vraiment faire de bruit. Dans les années 80, il participe à la restauration de la Statue de la Liberté, avant de devenir l’architecte des grandes fortunes américaines, de Bill Gates aux appartements les plus exclusifs de Manhattan.
Mais ce qui le distingue vraiment, c’est sa manière de concevoir les lieux. Il expliquait que son travail consistait à comprendre les rêves et la mémoire de ses clients, pas seulement leurs besoins. Une approche presque psychologique de l’architecture.
Et c’est sans doute pour ça que cet appartement est si particulier (certains des détails ont été conservés par les nouveaux propriétaires) : tout est extrêmement maîtrisé, mais rien n’est démonstratif. Une élégance silencieuse, qui traverse le temps quelque part entre New York et Milan, justement.
Et pour ceux qui aiment cette esthétique, je ne peux que vous recommander un aperitivo dans la nouvelle adresse de Paolina Caffé, notre spot du quartier, qui vient d’ouvrir un lieu plus grand rue de Turenne et propose une expérience digne d’un café milanais d’exception. Hâte de m’y installer, aux beaux jours, et lors d’une pause bien méritée pour un petit café.
Merci d’avoir pris le temps de lire
toute cette chronique hebdomadaire !
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