Une nouvelle opportunité immobilière structurée aux côtés de Babel Community. Une réflexion sur la liberté éditoriale à l’heure de Substack et de la surproduction de contenus. Un regard sur l’autorité morale avec Pierre de Villiers, et quelques respirations culturelles et gourmandes pour l’hiver.
Derniers jours, littéralement (le deal est closé mais il reste un chuïa de places), pour cette opportunité aux côtés de notre partenaire historique Babel Community (trois opérations d’envergure financées et remboursées via Anaxago ces 10 dernières années).

Opportunité de la semaine
Babel, c’est un peu le coliving qui a cessé de jouer dans la cour des start-up pour s’installer confortablement à la table des institutionnels. Après les opérations Babel Saint-Ferréol, Montpellier et Grenoble déjà remboursées avec succès (le genre de détail qu’on aime beaucoup), Anaxago remet le couvert avec la seconde tranche de l’opération grenobloise. Le Groupe Babel s’est imposé comme un opérateur intégré redoutablement efficace : investisseur, promoteur et exploitant, le tout sous un même toit (et quel toit). Fort d’une augmentation de capital de 41 M€ en 2024, le groupe gère déjà 764 appartements et vise 2 500 unités d’ici 2028. Ambitieux, certes. Structuré, surtout.
Le financement proposé est fléché sur un actif grenoblois réalisé en co-investissement avec la Caisse des Dépôts, rue Maurice Gignoux : un bâtiment déjà livré et exploité, un second en cours de réhabilitation avec vue panoramique sur la ville (oui, même les chiffres aiment la montagne).
La stratégie est limpide : montée en puissance de l’exploitation, achèvement des travaux, puis refinancement long terme ou cession institutionnelle. Le tout porté par une obligation de 24 mois, prorogeable 12 mois, offrant un coupon cible de 10,5 % net de frais, versé mensuellement, parce que la régularité, en finance comme dans la vie, a ses vertus.
Côté sécurité, le dossier coche toutes les cases : reconnaissance de dette notariée, GAPD, ordre irrévocable sur la vente ou le refinancement et cession de créances intragroupe. Bref, une opération sérieuse, bien structurée, et qui prouve qu’on peut conjuguer rendement, actifs tangibles et art de vivre. L’opération a été un véritable succès sur la plateforme et nous sommes ravis de cette nouvelle collaboration avec les équipes Babel. Si vous voulez en être, il reste un peu moins de 4% de place… le dossier d’investissement est disponible ici sur la plateforme.
Liberté rédactionnelle et géants américains
Substack ou pas Substack ? Plateforme de niche relativement expérimentale quand j’ai commencé à m’y intéresser il y a quelques années pour ma newsletter, Substack est devenue, cette année, un eldorado pour les auteurs qui souhaitent monétiser leur travail. Des centaines de journalistes français y ont lancé leur propre newsletter et le phénomène a fait l’objet d’une excellente enquête d’Alexandra Klinnik. Face au succès, Substack évolue vers une logique de réseau social qui encourage la production de contenus à tout prix dans un contexte où l’on est déjà saturés d’informations. Cette approche est aux antipodes du plaidoyer de départ, consacré à la qualité de fond des contenus, la liberté éditoriale et la juste rémunération du travail des journalistes. Quand j’ai lancé cette newsletter en 2020, plus personne ne croyait à la pertinence de l’email comme outil de lien, aujourd’hui une plateforme comme Substack compte plus de 5 millions d’abonnements payant dans le monde. Certains y voient un pic de succès avant un nouveau déclin de ce canal email, pour ma part j’y vois aussi un pic avant un tri normal des opportunités, pour moi seul les auteurs faisant preuve d’une rigueur journalistique, d’un oeil particulier et d’une plume engagée tireront leur épingle du jeu. À suivre. Je vous recommande vivement la lecture de l’enquête. Très intéressante.

Pierre de Villiers : l’autorité morale à l’épreuve du temps long
Mes lectures et écoutes du moment n’ont rien de réjouissant, entre les pages 46 à 50 de l’Heure des Prédateurs que j’ai relues 20 fois cette semaine et l’épisode de Matthieu Stefani avec Pierre de Villiers que j’ai écouté en me concentrant, je vous laisse imaginer l’ambiance.
Pierre de Villiers n’est pas un homme politique. C’est précisément ce qui fait de lui un personnage politique. Ancien chef d’état-major des armées (CEMA) de 2014 à 2017, le général Pierre de Villiers est entré dans le débat public, à priori sans ambition électorale, mais par une rupture spectaculaire avec le pouvoir exécutif. Sa démission, en juillet 2017, après un désaccord ouvert avec Emmanuel Macron sur les coupes budgétaires militaires, a cristallisé une image : celle d’un officier supérieur refusant de transiger sur ce qu’il considère comme l’essentiel. La sécurité des soldats et la parole donnée. Depuis, il s’est imposé comme une figure d’autorité morale, respectée bien au-delà du cercle militaire. Lui-même n’a jamais affiché d’appartenance partisane, et il s’en défie explicitement. Pourtant, il est souvent classé, parfois instrumentalisé, dans le camp conservateur. On pourrait le qualifier de conservateur républicain, au sens ancien du terme : conserver ce qui permet à une nation de tenir debout. J’avais donc très envie de l’écouter au micro de Matthieu, ses propos m’ont paru justes, documentés et non alarmistes, l’avantage du temps long de ces interviews fleuves.
Rassurez vous j’ai aussi écouté François Ruffin, que j’aime beaucoup et qui était également pas mal dans un tout autre registre… Mon mari, quant à lui, m’a rapporté ce petit cadeau de sa pause librairie hebdomadaire. Ça a bien détendu l’atmosphère…
Toujours un peu de réconfort dans l'assiette, don't blame me
J’ai refais cette recette hier, depuis longtemps abandonnée sans savoir pourquoi vraiment, il n’y a pas plus simple et je ne vous parle pas du rapport « qualité du résultat / temps de préparation ». Alors en revanche c’est une longue longue cuisson, mais je recommande souvent de le faire en deux fois, 2 ou 3 heures la veille au soir puis le lendemain une heure avant le repas, le résultat n’en est que plus moelleux. Servi avec des pickles maison, de la salade et peu de fromage frais c’est le paradis des petits frimas.
Les photos qui illustrent cette newsletter...
...sont celles du photographe James Barnor dont je rêve de m'offrir une oeuvre. James Barnor a photographié le Ghana au moment précis où une nation apprenait à se regarder. Né en 1929, fondateur du studio Ever Young à Accra, il saisit l’indépendance, les visages, l’élan. À Londres, à la fin des années 1950, il découvre la couleur, collabore avec Drum et capture le Swinging London et la diaspora africaine avec une élégance rare. De retour au Ghana, il installe le premier laboratoire couleur du pays pour Agfa, avant de poursuivre vingt années de travail indépendant, entre commandes publiques et archives vivantes. Longtemps resté discret, son œuvre est aujourd’hui consacrée par de grandes institutions internationales, de la Serpentine à LUMA, jusqu’à Anvers et Detroit.
À 95 ans, Barnor transmet plus qu’un regard : une mémoire, une modernité et une manière profondément joyeuse de documenter le réel.
Merci d’avoir pris le temps de lire
toute cette chronique hebdomadaire !
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