Anaxago Actualités Les ICOs : une menace pour le capital risque ?
Les ICOs : une menace pour le capital risque ?

Les ICOs : une menace pour le capital risque ?

Selon le Wall Street Journal, au troisième trimestre 2017, les ICO (Initial Coin Offering) auraient permis de lever autant d'argent dans le monde que le capital-risque. Comment s'explique un tel succès ? Dans les années à venir, les ICO pourraient-elles sérieusement menacer le capital-risque ?

Les ICOs, un marché en plein essor


Le monde de la finance aime les belles histoires, et la belle histoire de 2017 tient en un simple sigle de trois lettres : ICO. Ces levées de fonds inspirées des introductions en Bourse, où les "tokens" en crypto-monnaies remplacent les actions, ont permis à 170 entreprises de lever au total 2,3 milliards de dollars dans le monde au cours des neufs premiers mois de l'année. Ce montant a été multiplié par 20 fois par rapport à la même période de l'année 2016.

Et ce n'est pas fini : selon le site Token Report, au 20 novembre 2017, 314 projets d'ICO sont en cours de financement ou annoncés d'ici au 31 mars 2018, dont de nombreuses levées de fonds prévues pour des montants de plus de 20 millions de dollars. Aucun doute qu'à ce rythme, le total des capitaux levés via des ICO dépassera en 2018 ses records de 2017. La décision du régulateur chinois d'interdire les ICO en juillet dernier et la volonté de la SEC américaine de les réguler aux États-Unis ne semble pas freiner l'essor de ces levées de fonds alternatives.


Les ICOs peuvent-elles remplacer le capital-risque ?


Ce succès fulgurant n'est pas surprenant lorsque l'on compare les faibles contraintes du processus d'une ICO par rapport au processus d'une levée de fonds classique :

  • Ces opérations étant pour l'instant non-réglementées, il est possible pour les entreprises de lever des fonds via une ICO sans avoir à dévoiler leur bilan financier et leur compte de résultat, ce qui leur permet de bénéficier d'une plus grande discrétion financière.
  • Ces opérations n'étant pas organisées par des banques d'affaires (contrairement aux introductions en Bourse), ni accompagnées par des auditeurs externes chargés de réaliser les due diligences pour déterminer une fourchette de valorisation, le coût d'une ICO reste beaucoup plus faible pour l'entreprise qu'une levée de fonds classique.
  • Une ICO présente pour l'entreprise l'avantage de pouvoir augmenter ses capitaux propres sans avoir à subir ensuite la pression de ses actionnaires : les investisseurs ayant participé à l'ICO n'ont en effet pas de droits de vote au conseil d'administration de l'entreprise et ne peuvent donc pas influencer sur la gouvernance de l'entreprise.


Ces avantages pour l'entreprise sont autant de désavantages pour les investisseurs :

  • Ceux-ci ont très peu d'informations sur la santé financière de l'entreprise et doivent diversifier les projets dans lesquels ils investissent pour se prémunir contre le risque de faillite d'une entreprise.
  • Ils n'ont pas les mêmes droits que des actionnaires classiques.
  • L'avenir des crypto-monnaies et des tokens générés par des ICO reste plus incertain à long terme que celui des monnaies traditionnelles (euros, dollars...) et leurs cours sont particulièrement volatils.


Ces désavantages sont naturellement des défis pour le développement à long terme des ICO. La logique de ces opérations s'oppose de manière radicale à celle des opérations de capital-risque, menées quant à elles par des fonds d'investissement qui cherchent à s'informer au maximum sur les entreprises non cotées dont ils envisagent de devenir actionnaires. Ces fonds demandent systématiquement aux entreprises la consultation de leurs états financiers et leur demandent généralement un business plan détaillé sur plusieurs années. Une fois qu'un fonds est entré au capital d'une entreprise, il peut ensuite faire valoir ses droits d'actionnaire pour influer sur les choix stratégiques de l'entreprise, généralement dans le but d'augmenter la rentabilité de l'entreprise.

L'univers des ICO étant encore très spéculatif à l'heure actuelle, la plupart des entreprises préfèrent donc toujours utiliser des moyens plus traditionnels de se financier. Les entreprises n'ayant pas encore la maturité suffisante pour envisager une introduction en Bourse conservent actuellement le réflexe de se trouver vers le private equity en sollicitant des fonds d'investissements malgré les contraintes que cela implique. Toutefois, si le marché des ICO parvient à prouver dans les prochaines années qu'il est une source fiable de financement, il est probable que les entreprises se tourneront de plus en plus fréquemment vers ce marché alternatif pour trouver des capitaux. Le développement des ICO dépendra principalement de la manière dont ces opérations seront encadrées par les régulateurs à l'avenir.


Le crowdfunding concurrence également le capital-risque


Rappelons enfin que le capital risque "classique", c'est-à-dire via des fonds d'investissement, subit également depuis peu la concurrence du crowdfunding et en particulier du crowd-equity, qui permet aux entreprises de se financer en capitaux propres auprès du grand public sans avoir besoin de subir les contraintes de l'entrée d'un fonds d'investissement à leur capital.

Les opérations de crowd-equity sont elles aussi en plein boom depuis quelques années et ont l'avantage, contrairement aux ICO, de ne pas avoir recours à la création de "tokens" qui peuvent poser un problème de confiance pour les investisseurs. Le principal frein du crowd equity reste pour l'instant sa difficulté à financer des projets de grande envergure, en raison de l'existence d'un plafond pour  les levées de fonds limité à 2,5 millions d'euros mais son développement rapide pourrait permettre de résoudre prochainement cette question.

Reste alors à savoir si ce seront à l'avenir les ICO ou plutôt le crowdequity qui constitueront une véritable alternative au capital-risque "classique".


Articles connexes : 

ICO : Initial Coin Offering

Le capital risque en France


Les dernières actualités

[Anaxago Ventures] Osivax close une série A à 8 millions d'euros

La biotech Osivax a annoncé cette semaine la clôture de sa série A à 8 millions d'euros. L'objectif de cette levée : poursuivre le développement de ses vaccins universels contre la grippe. Le financement a été mené par la société belge Noshaq et la plateforme de crowdfunding Anaxago.Fondée en 2017 à Lyon, Osivax a été créée en tant que spin-off du laboratoire pharmaceutique IMAXIO pour se consacrer au développement d’un vaccin universel contre la grippe et d’immunothérapies contre le cancer. Pour cela, elle a développé une technologie appelée l'OligoDOM.  "Les vaccins contre la grippe saisonnière actuellement disponibles ne permettent pas de traiter toutes les souches de grippe car ils ciblent des régions très variables du virus. En tant que tels, ils doivent être mis à jour annuellement. En revanche, notre approche de vaccin universel contre la grippe utilise une nucléoprotéine (NP) recombinante qui élimine la nécessité de contre-vérifier et de formuler des hypothèses sur les souches de la grippe qui seront pertinentes pour les saisons à venir. Notre vaccin pourrait être efficace année après année en fournissant une réponse immunitaire forte et, à long terme, contre tous les virus de la grippe en circulation et émergents. Notre objectif est d’établir une validation de principe sur l’Influenza A, qui représente 75% à 95% des grippes, puis d’élargir notre pipeline pour fournir un vaccin antigrippal universel", affirme Alexandre Le Vert, CEO et cofondateur d’Osivax.Le financement servira principalement à la réalisation de la validation clinique du vaccin candidat phare d’Osivax, OVX836. Le financement appuiera également l’évaluation d’un candidat-vaccin universel de deuxième génération, actuellement en phase de développement préclinique. Osivax a été financée en 2018 sur la plateforme Anaxago. Pour découvrir les opportunités d'investissement en capital innovation disponibles sur Anaxago, cliquez ici.

LIRE PLUS 

[Evénement] - Ce qu'il fallait retenir du Future Proptech

Pour la première fois, Anaxago s’est rendu à Londres pour assister à la 4ème édition de Future Proptech le 14 mai 2019 au Business Design Center. L’occasion pour son équipe dédiée à ce secteur en plein dynamisme de participer à l’un des événements internationaux majeurs sur le sujet.Future Proptech, qu’est-ce que c’est ?Future Proptech est un évènement entièrement dédié aux innovations technologiques et à la digitalisation du secteur de l’immobilier dans son ensemble.Depuis son lancement en 2015, Future Proptech s’est étendu à 3 pays et a attiré plus de 10 000 professionnels de l’immobilier. L’objectif de cet évènement est simple, faire se rencontrer les divers protagonistes qui gravitent autour de la Proptech : startups et sociétés technologiques, acteurs traditionnels de l’immobilier tels que les gestionnaires d’actifs et les agents immobiliers, et bien évidemment les investisseurs.Cette année, ce sont plus de 2 000 participants dont 700 entreprises et 100 conférenciers qui ont répondu présent à l’appel de Future PropTech.Anaxago à Future ProptechAnaxago est devenu un acteur de référence dans le secteur Proptech sur le territoire national (déjà 9 participations en portefeuille, et de nouvelles opportunités régulièrement identifiées).Suite à l’ensemble des rencontres que nous avons faites et des conférences auxquelles nous avons assistées - et au-delà de l’IA (Intelligence Artificielle) et du partage collaboratif de données qui sont devenus des enjeux évidents - plusieurs tendances se sont dégagées :La “durabilité” était notamment un des mots phares de cet évènement. Rosanna Lawn, (Speaker - Head of development at Yoo Living) affirmait que les nouvelles générations de consommateurs sont de plus en plus sensibles aux questions environnementales et qu’elles se demandent aujourd’hui quel sera l’impact énergétique et environnemental de leur logement.Le “digital twin” ou “jumeau numérique” est également en passe de devenir le prochain “buzzword” du secteur. En effet, après avoir envahi les secteurs de l'aérospatial, de l’énergie et de l’industrie manufacturière au sens large, la reproduction digitale et la modélisation numérique des bâtiments devraient se développer rapidement dans les prochaines années.Enfin, un élément a retenu notre attention lors de la conférence “Occupiers, Modern Workplaces & Tenants Experience” : l’augmentation du nombre de solutions et services destinées aux “tenants” (locataires). William Bainborough, cofondateur de Doordeck, affirmait lors de l'événement : “Je suis de plus en plus excité en voyant le nombre grandissant d’applications destinées à optimiser l’expérience des locataires”. Cette tendance témoigne du rôle centrale qu’ont aujourd’hui les locataires et du changement de mentalité des propriétaires qui les considèrent désormais comme des consommateurs et se concentrent sur les services qu’ils peuvent leur apporter.Si le terme “tenants” désigne principalement les locataires occupant un espace de travail, il regroupe plus largement les locataires immobiliers qui font face aux mêmes besoins (flexibilité, mobilité, sécurité, etc.). Conscient de cette tendance de fond, Anaxago a notamment sélectionné Smartrenting comme dernière opportunité d’investissement. Cette agence digitale de gestion locative aide les étudiants et les jeunes actifs à sous-louer leur logement de manière gratuite et légale lorsqu’ils doivent le quitter temporairement suite à un projet de mobilité.“Vous pouvez tout simplement le sentir. C’est un mouvement et il est puissant !”Brendan Wallace, Co-fondateur et Managing Partner chez Fifth Wall lors de l’évènement.Ainsi, il est certain que le secteur immobilier connaît une rapide transformation grâce aux innovations de la Proptech. Selon Robert Courteau (CEO, Altus Group), “dans notre secteur (secteur immobilier, ndlr) l’innovation n’a pour l’instant que gratté la surface”.Ces mots rejoignent ceux de notre Directeur de Participations Alexandre Heraud qui affirmait lors du RENT Take-Off Startup Program de juin dernier que “204 M€ ont été investis dans la Proptech en France en 2018, soit moins de 5% des investissements en Venture. Il reste encore beaucoup d’opportunités d’investissement à saisir dans un secteur qui devrait suivre une dynamique semblable à celle de la Fintech il y a quelques années”.Anaxago propose à sa communauté d'investir dans des sociétés à forte potentiel de croissance. Découvrez l'ensemble des opportunités disponibles en ce moment sur Anaxago. 

LIRE PLUS