Anaxago Academy La SEC ouvre les portes du crowdfunding aux américains

La SEC ouvre les portes du crowdfunding aux américains

Vous, votre mère, ou n’importe quel personne de votre quartier sera bientôt en mesure de rejoindre les rangs des startups en tant qu’investisseurs.

La SEC, The Securities and Exchange Commission, a voté la semaine dernière et donc mis en place les règles dites de l’equity crowdfunding, une évolution possible grâce à la ratification du JOBS Act. Revenons ensemble en 2012, date de la signature du JOBS Act par le président Barack Obama. Cela signifiait finalement que les startups et les petites entreprises à la recherche d’investisseurs pouvaient enfin passer via des courtiers privés ou encore des plateformes en ligne pour récolter ces fonds – et ces investisseurs pouvaient désormais être, eh bien, n’importe qui.

Ceci est une affaire très importante. Elle marque un changement dans les types de capitaux que les startups et les petites entreprises peuvent récolter. Aujourd’hui, les startups se tournent généralement vers les fonds de capital-risque, les investisseurs providentiels, les banques et les investisseurs accrédités, mais l’accès à ces investisseurs peut demander un certain réseau et beaucoup de connections, qui sont souvent difficiles à trouver en dehors des grands centres financiers comme New York, San Francisco ou Boston.

À présent, les entrepreneurs peuvent se tourner vers la foule. Et si vous faites partie de cette foule et que vous avez toujours voulu investir dans une startup, vous serez bientôt en capacité d’emprunter des voies interdites jusque-là. Cependant, il a des choses que vous avez besoin de savoir. Depuis le passage du JOBS Act, les experts se sont inquiétés de la bonne mise en place des garanties pour protéger les investisseurs non avertis, mais aussi pour sécuriser les startups contre la fraude. La SEC espère que ces nouvelles règles aborderont l’ensemble de ces questions. Voici ce que vous avez absolument besoin de savoir à ce propos.

 

 

Alors, vous voulez investir ?

 

Par le passé, seuls les investisseurs dit ‘accrédités’ étaient en mesure d’investir dans les startups. Voilà en bref ce que cela signifie : Si vous ne gagniez pas 200 000 $ dans l’année, ou possédiez un million de dollars d’actifs, vous ne pouviez pas investir. Maintenant, même si vous n’êtes pas si à l’aise financièrement vous serez autorisé à investir dans les entreprises que vous aimez.

Toutefois, des mesures de protections on été mises en place afin de vous protéger par exemple contre le fait que vous investissiez tout l’épargne dédiée à votre retraite sur ce que vous pensez être le prochain Facebook ou Myspace. La SEC a approuvé des règles très spécifiques pour limiter le montant qu’un investisseur non-accrédité puisse mettre effectivement placer au capital d’une startup. Pour les personnes ayant un revenu annuel en-dessous de 100 000$, la SEC les autorise à investir seulement 10% de l’ensemble de leur revenu annuel.

 

 

Porter le regard vers la Foule

 

Les nouvelles règles approuvées cette semaine, vont permettre aux porteurs de startups ou pour les chefs de petites entreprises de mobiliser jusqu’à 1 million d’euros par an via le crowdfunding

La SEC exige également que toutes les startups soient transparentes à propos de leurs données financières de base. De plus, certaine startups devront se soumettre à un audit complet. Certains experts ont soutenu que le coût d’un auditeur indépendant serait trop élevé pour toutes les startups qui sont encore à l’état embryonnaire ajouté au fait que le montant de la collecte ne peut excéder 1 million d’euros. Pour répondre à cela, la SEC a crée différents degrés d’informations financières autour du projet, selon le montant qu’elles souhaitent récolter. Par exemple, les startups voulant lever moins de 100 000 $, n’auront pas besoin du tout de présenter un audit complet mais seulement présenter les documents financiers crées par le responsable financier en interne.

 

 

D'où vient l’argent ?

 

Avec les nouvelles règles en place, les investisseurs recherchant des startups et les startups recherchant des investisseurs, seront en mesure de se rencontrer chez des courtiers ou via des plateformes en ligne qui se positionnent comme des portails financiers. Ces plateformes, pensez par exemple à Kickstarter mais pour l’equity crowdfunding, seront en capacité de collecter des informations financières et de fournir les informations demandées par la SEC (ces informations existent déjà pour les investisseurs accrédités).

Les plateformes, elles-mêmes, auront un rôle crucial à jouer, au-delà d’établir un portail de financement, elles auront un rôle d’accompagnement pour les éventuels investisseurs, pour les conseiller sur la meilleure manière d’investir et dans quel projet investir. La SEC notifie que les plateformes devront être capables d’analyser leurs startups afin d’aider les investisseurs à déterminer ce qui pourraient être pour eux les meilleurs choix d’investissement. De plus, les plateformes devront être en mesure de prendre une participation dans les startups qu’elles présentent en ligne afin que les intérêts entre elles et les investisseurs soient alignés. La SEC semble penser que les plateformes devraient investir elles-mêmes si elles croient véritablement au succès des startups présentées. « C’est une incitation pour les plateformes à fournir un meilleur service » confirme Richard Swart, un ex-chercheur en finances alternatives et crowdfunding de l’Université de Californie, Berkeley qui prend un rôle exécutif sur NextGen Crowdfunding, une communauté en ligne pour accompagner les nouveaux investisseurs.

 

 

Les risques, les récompenses, les retours

 

Tout cela est très excitant. Pensez aux startups comme Pebble et Oculus Rift qui ont pu réussir et se développer grâce à l’aide de plateformes de crowdfunding comme Kickstarter. Mais imaginez ce que se serait d’avoir une part de leur capital et non juste une promesse de produit. Mais pour les nouveaux investisseurs de startups, le meilleur plan à avoir est de commencer l’investissement doucement. Oculus et Pebble sont des cas extraordinaires, et ne représente en aucun cas la norme.

« Même si vous êtes vraiment investis dans une startup, les chances sont contre vous » dit Swart. « C’est la loi des startups, mathématiquement la sortie la plus probable est l’échec. »

Alors que les investisseurs providentiels et les fonds de capital-risque ont été en mesure de récolter des millions de dollars d’investissements ingénieux, ils n’ont pas uniquement investis dans une ou deux startups mais bien dans plusieurs entreprises, en sachant pertinemment que beaucoup seront des échecs mais en gardant espoir qu’un projet décroche le gros lot. Ils détiennent également de l’expérience, une expertise dans l’industrie, des recherches sur le propos et de l’argent ; tous ces éléments qu’une personne ordinaire pourrait ne pas détenir et qui porterait tout de même un intérêt pour les plateformes d’equity crowdfunding. L’enseignement crucial est de faire comprendre qu’investir dans de jeunes startups comporte des risques.

«C’est comme une nouvelle loterie !» dit Michael Dorff, professeur de la Southwestern Law School. « Il y a peu de Peter Thiel dans le monde. C’est comme se demander : pourquoi ne suis-je pas Warren Buffett ? Il y a beaucoup de personnes intelligentes qui tentent d’être Warren Buffet ou Peter Thiel. Vos chances sont minces même en ayant de l’expérience, une certaine expertise et de l’éducation…

 

 

Là où les anges craignent de marcher

 

Et pourtant les fonds de capital-risque et les investisseurs providentiels sont souvent à la recherche de startups susceptibles de récolter des rendements énormes ; ce qui signifie qu’ils ne choisissent pas forcément les entreprises à bon potentiel mais se concentre sur celles qui ressemblent davantage à des licornes potentielles. Ils ont également porté leur intérêt sur les startups issues de grandes villes comme NYC, San Francisco et Boston. En accordant le droit à n’importe qui de souscrire dans une startup la SEC est en train de donner plus de liberté aux investisseurs pour gérer leurs finances et pour qu’ils puisent soutenir des petites entreprises qui n’auraient pas d’autres moyens pour obtenir des fonds.

Swart soutient que les nouvelles règles de l’investissement ne seront pas seulement un bénéfice pour les startups liées aux nouvelles technologies mais aussi à bien d’autres projets. En effet, toutes les petites entreprises locales telles que votre pizzeria ou un groupe immobilier pourront être aidés par ce type d’investissement rendu possible grâce à l’autorisation d’investissement sur les plateformes d’equity crowdfunding.

Les plateformes pourront également apporter de nouvelles opportunités intéressantes. Les jeunes startups pourront tester leur produits ou leurs idées sur des clients potentiels ou auprès de fonds d’investissement avant de se lancer réellement.

« Quand nous avons commencé à porter de l’intérêt pour le crowdfunding, il s’agissait d’une petite plateforme néerlandaise d’artistes pouvant récolter jusqu’à 50 000$ » raconte Christian Catalini, un professeur de la Sloan School of Management du MIT. « Cela prendra du temps et il reste très difficile d’imaginer pour le moment, le type de projets que l’on pourra entreprendre avec ces plateformes. Nous voulons que les entrepreneurs expérimentent ce nouveau modèle.

 

Cet article est une traduction de l'original paru ici.